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Etat corporel et intervalle entre vêlages chez la vache allaitante. Bilan de deux années d’enquête en exploitation

Résumé

Cette étude cherche à évaluer dans les conditions de l’élevage allaitant français les relations existant entre l’état des vaches en hiver, la réussite de la reproduction et la durée de l’intervalle vêlage vêlage (IVV). Au total, 57 troupeaux ont été suivis dans 12 départements, 9 représentant l’élevage Charolais et 3 l’élevage Limousin 15 techniciens ont été formés pour cela. Les enregistrements individuels mesurés sur 2338 vaches la première année, et sur 2378 vaches la seconde, ont surtout porté sur l’état corporel (deux notes au début et à la fin de la période de stabulation), et sur les dates et conditions de mise bas. La grille de notes d’état s’est bien appliquée à l’une et à l’autre race : la note initiale moyenne est de 2,33 pour l’ensemble de la race Charolaise et légèrement supérieure (+ 0,2 point, p < 0,01) pour la Limousine. Les notes initiales attribuées aux primipares sont supérieures à celles des multipares (+ 0,3 point). Les femelles maigres notées 1,5 et moins, représentent 8,8 % chez les Charolaises et 13,8 % chez les Limousines. La variation moyenne de note au cours de l’hiver apparaît faible, - 0,33 point seulement pour l’ensemble de l’échantillon Charolais, - 0,23 point pour la race Limousine. Ces pertes d’état ne correspondent qu’à une mobilisation des réserves corporelles de l’ordre de 20 kg à l’échelle de l’hiver. Mais il existe une relation entre la variation d’état au cours de l’hiver et l’état initial. Plus les vaches sont grasses au début d’hiver, plus elles perdent de l’état par la suite. Les vaches multipares maigres notées moins de 2,0 en novembre-décembre augmentent de 0,8 point d’état au cours de l’hiver par point de note initiale en moins, alors que celles notées au delà de 2,5 perdent 0,3 point par point de note en plus. Une variation de note nulle correspond à une note initiale de 1,8. Les deux années, l’IVV moyen chez les multipares des deux races est de 364 jours, il est supérieur de 3 semaines environ chez les primipares. Un avancement de la date de vêlage de 5 jours entraîne un allongement de l’IVV suivant de 2 jours chez les primipares et de 1 jour chez les multipares, sans différence notable entre les deux races. L’IVV dépend de la note de début d’hiver pour les primipares et/ou les jeunes vaches qui vêlent tôt jusqu’à mi-février : en deçà de 2,5 points de note, l’IVV augmente de près de 30 jours par point en moins ; de 3,5 à 2,5 il diminue de 10 jours et, au dessus de 3,5, l’état n’intervient plus car d’autres facteurs sont alors prioritaires. L’IVV des vaches multipares dépend à la fois des notes de fin d’hiver et de l’intensité de la perte d’état, c’est-à-dire de leur bilan alimentaire. L’effet de la note s’observe en dessous d’un seuil qui s’abaisse de 3,0 à 1,5 lorsque les dates de vêlage se décalent de janvier à fin mars : pour chaque point de note en moins, l’IVV augmente de 5 à 15 jours de manière d’autant plus importante que le bilan alimentaire est déficitaire et que la vache est jeune. Ces seuils et variations observés devront être confirmés par d’autres études de ce type dans différentes conditions d’environnement.
 

Auteurs


J. AGABRIEL

agabriel@inra.fr

Affiliation : Laboratoire Adaptation des Herbivores aux Milieux, Theix 63122 Saint-Genès-Champanelle

Pays : France


N. GRENET

Affiliation : Institut de l’Elevage 63122 Saint-Genès-Champanelle

Pays : France


M. PETIT

Affiliation : Laboratoire Adaptation des Herbivores aux Milieux, Theix 63122 Saint-Genès-Champanelle

Pays : France

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