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L’hormone de croissance recombinante : intérêt et risques potentiels de son utilisation pour la production laitière bovine

Résumé




L’administration d’hormone de croissance bovine recombinante (rbGH) accroît la production laitière de 2 à 6 kg/j, de façon variable selon l’âge des vaches, leur stade de lactation et leur état nutritionnel, la dose de GH injectée et la forme de présentation de l’hormone. Les effets sur la composition du lait et les réserves corporelles dépendent de la durée des expériences et de la nature des rations distribuées. La GH stimule l’activité et/ou la durée de vie des cellules sécrétrices mammaires, probablement par l’intermédiaire de l’IGF-1 produit par le foie et/ou la glande mammaire. Simultanément, la GH oriente le métabolisme du tissu adipeux et du muscle vers une mobilisation et une oxydation accrues des acides gras, et une épargne du glucose. L’administration de rbGH a peu d’effets directs sur la fonction de reproduction, mais tend indirectement à la retarder, lorsqu’elle est initiée avant la fécondation, en raison de la diminution transitoire du bilan énergétique des vaches.


L’aptitude du lait à la transformation ne semble pas être modifiée par l’administration de rbGH, ni l’élévation de la sécrétion d’IGF-1 dans le lait entraîner de risque pour le consommateur. La GH pourrait stimuler les réponses immunitaires des animaux, et de ce fait accroître le nombre de cellules dans le lait. La tendance à augmenter l’incidence des mammites semble par contre résulter indirectement de l’élévation de la production laitière. La GH à très forte concentration peut stimuler la production virale dans certains modèles "in vitro" chez les espèces monogastriques, mais il n’existe pour l’instant que très peu de données chez les ruminants laitiers. Par ailleurs, la vitesse d’élimination des xénobiotiques (antibiotiques...) par le foie pourrait être diminuée.


Une éventuelle utilisation commerciale de la rbGH diminuerait l’efficacité (ou augmenterait le coût) de l’amélioration génétique, et serait d’un intérêt économique limité pour les éleveurs placés dans un système de quotas laitiers. Toutefois, son utilisation dans des pays tiers sans quotas pourrait diminuer le coût de production du lait et accroître la compétition sur le marché international des produits laitiers, malgré les risques de dégradation qui pèseraient alors sur l’image de ces produits pour les consommateurs.





Auteurs


Y. CHILLIARD

Affiliation : INRA Laboratoire Sous-Nutrition des Ruminants, Theix 63122 St Genès Champanelle
Pays : France

chilliard@inra.fr

J.J. COLLEAU

Affiliation : INRA Station de Génétique Quantitative et Appliquée 78352 Jouy-en-Josas Cedex
Pays : France


C. DISENHAUS

Affiliation : ENSA Sciences animales, 65 rue de St Brieuc 35042 Rennes Cedex
Pays : France


C. LERONDELLE

Affiliation : INRA Laboratoire Lentivirus chez les petits ruminants, ENVL, 1 avenue Bourgelat, BP 83, 69280 Marcy-l’Etoile
Pays : France


C. MOUCHET

Affiliation : ENSA Systèmes de Production et Développement Rural, 65 rue de St Brieuc 35042 Rennes Cedex
Pays : France


A. PARIS

Affiliation : INRA Laboratoire des Xénobiotiques, 180 chemin de Tournefeuille, St Martin du Touch, BP 3, 31931 Toulouse Cedex
Pays : France

Pièces jointes

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