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La biologie de la truite commune (Salmo trutta L.) dans la rivière Scorff, Bretagne : une synthèse des études de 1972 à 1997

Résumé

Cet article synthétise l’ensemble des études menées sur la biologie et l’écologie de la truite commune (Salmo trutta L.) sur le bassin du Scorff (Morbihan, Bretagne) de 1972 à 1997. Après une brève présentation de la taxonomie et des caractéristiques écologiques générales de l’espèce, les principaux résultats obtenus sont abordés en termes d’éléments de description et de dynamique de populations.


La répartition et l’abondance de la truite sur le bassin varient en fonction de l’âge, du milieu (affluent, rivière aval et amont), du type d’habitat et de l’année. Les densités les plus élevées sont observées dans les ruisseaux et les têtes de bassin où se localisent principalement les juvéniles de l’année tandis que les individus plus âgés (un à six ans) colonisent la rivière principale. La profondeur et le couvert sont les deux paramètres de l’habitat qui modulent la distribution de la truite sur le bassin. Les fluctuations annuelles de densité sont fortes (rapport moyen de 1 à 10).


La croissance individuelle varie en fonction du milieu (capacité trophique) et de l’année (température). Les différences s’établissent dès la première année de vie.


Chez les géniteurs, le rapport des sexes est toujours en faveur des mâles (maturation sexuelle à deux ans). Chez les femelles, la majorité atteint la maturation sexuelle pour la première fois à trois ans, même si des femelles de deux ans peuvent être fréquentes dans les ruisseaux. La maturation à deux ans dépend de la croissance lors de la première année de vie. Le frai a lieu dans les affluents pour la partie aval du bassin et à la fois dans la rivière principale et les affluents dans la partie amont.


Les taux de survie ont pu être évalués sur un ruisseau, confirmant que la grande majorité des mortalités est enregistrée durant les premiers mois de vie et plus particulièrement durant la phase de vie sous graviers (forte influence des sédiments fins sur la mortalité). Chez les géniteurs, la survie annuelle des femelles est meilleure (50 %) que chez les mâles (30 %).


Les résultats obtenus permettent de déboucher sur un schéma explicatif des différentes stratégies de recrutement de la truite sur le bassin du Scorff. Ils montrent notamment l’existence d’une génération intermédiaire dans certains affluents, venant se placer entre les géniteurs migrant de la rivière principale et les juvéniles (1+ essentiellement) produits par ces ruisseaux et assurant l’essentiel du recrutement en truites dans la partie aval et moyenne de la rivière principale.

Auteurs


J.L. BAGLINIERE

bagliniere@roazhon.inra.fr

Affiliation : INRA-ENSA UMR Ecobiologie et Qualité des Hydrosystèmes Continentaux, 65 rue de St Brieuc, CS 84215, 35042 Rennes cedex

Pays : France


G. MAISSE

Affiliation : INRA SCRIBE, Campus de Beaulieu, 35042 Rennes cedex

Pays : France

Pièces jointes

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