Résumé

Durant les cinq dernières années, l’Agriculture Biologique (AB) a connu, en France, un développement inégalé : entre 1997 et 2002, la superficie conduite en AB a été multipliée par trois et les effectifs de brebis par cinq. Cette croissance s’accompagne d’un important besoin de références, en particulier technico-économiques. L’observation sur trois années de 24 exploitations ovines allaitantes en AB, comparées à 39 exploitations ovines allaitantes conventionnelles, met en évidence une certaine spécificité des élevages AB, tout en confirmant les principaux facteurs qui déterminent la marge par brebis et le revenu. Etant donné le prix des aliments concentrés en AB, 1,8 fois supérieur à celui des conventionnels, la quantité consommée est déterminante sur la marge par brebis. Elle peut être réduite en valorisant au mieux la surface fourragère. La plus-value sur la vente des agneaux en AB se réduit depuis trois ans, pour n’être plus en 2002 que de 16 % en zone de montagne et 0 % en zone de plaine. Le revenu hors aides CTE des éleveurs AB est de 39 % inférieur en montagne et de 57 % en plaine à celui des élevages conventionnels. Marge par brebis, productivité du travail et charges de structure sont déterminants sur le revenu. Dans le contexte actuel de cours favorables à l’agneau conventionnel, ne permettant que peu de plus-value sur l’agneau bio, le développement ou même simplement le maintien des élevages AB passe par des aides sur le long terme qui intégreraient les aspects environnementaux et, peut-être, la valeur santé des produits qui reste à démontrer.

Auteurs


G. LAIGNEL

Affiliation : INRA, Unité Economie de l’Elevage, Theix, F-63122 Saint-Genès Champanelle
Pays : France

gabriel.laignel@inra.fr

M. BENOIT

Affiliation : INRA, Unité Economie de l’Elevage, Theix, F-63122 Saint-Genès Champanelle
Pays : France

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