Articles

Mécanismes d’apparition de l’acidose ruminale latente et conséquences physiopathologiques et zootechniques

Résumé

Alors que sa forme aiguë est devenue rare, l’acidose ruminale se développe dans nos systèmes de production intensive sous sa forme latente, plus discrète mais touchant un nombre important d’animaux avec des impacts financiers négatifs. L’acidose ruminale aiguë a pour origine une surconsommation accidentelle de glucides rapidement fermentescibles. Elle apparaît comme un état de perturbation bien défini : chute du pH à des valeurs inférieures à 5, associée à une accumulation de lactate dans le rumen. Ceci est dû à l’appauvrissement de l’écosystème microbien ruminal (protozoaires, bactéries) au profit d’une flore productrice de lactate acido-tolérante. L’acidose latente apparaît plus spécialement lors des périodes de transitions alimentaires vers des régimes à forte densité énergétique. Elle représente un état de déséquilibre transitoire plus ou moins fréquent ou durable. La baisse du pH, proche des valeurs physiologiques inférieures (pH moyen entre 5 et 6,25), n’est pas liée à l’accumulation de lactate, mais à celle des acides gras volatils. La proportion d’acétate diminue en relation avec la baisse de l’activité cellulolytique. Pour une baisse de pH modérée, les protozoaires se développent et les fermentations s’orientent vers le butyrate. Pour des pH plus faibles, les protozoaires disparaissent au profit des bactéries amylolytiques, avec une orientation fermentaire vers le propionate. Ces modifications ruminales peuvent avoir des conséquences physiopathologiques à plus ou moins long terme au niveau digestif (inhibition de la motricité ruminale, diarrhées, lésions de la paroi ruminale…), des troubles métaboliques ou encore des complications infectieuses et locomotrices. Les conséquences négatives sur les quantités ingérées et les performances, bien que réelles, sont très difficiles à quantifier du fait que les régimes acidogènes, riches en concentré, vont généralement de pair avec des quantités ingérées et des performances élevées. L’état d’acidose se traduirait par des diminutions de courte durée, et donc une plus grande irrégularité de l’ingestion et de la production.

Auteurs


C. MARTIN

cecile.martin@inra.fr

Affiliation : INRA, UR1213 Herbivores, F-63122 Saint-Genès-Champanelle, France

Pays : France


L. BROSSARD

Affiliation : INRA, Agrocampus Rennes, UMR Systèmes d’Elevage, Nutrition Animale et Humaine, F-35590 Saint-Gille

Pays : France


M. DOREAU

Affiliation : INRA, UR1213 Herbivores, F-63122 Saint-Genès-Champanelle, France

Pays : France

Pièces jointes

Pas d'informations justificatives pour cet article

Statistiques de l'article

Vues: 318

Téléchargements

PDF: 218