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Systèmes de production laitiers en montagne : évolutions récentes et adaptations possibles. Exemple d’exploitations en Haute-Loire

Résumé

Le développement des exploitations laitières de montagne, déjà handicapées par les conditions naturelles qui limitent les rendements et génèrent des surcoûts, a été très perturbé par l’instauration des quotas de production en 1984. Dans les montagnes de Haute-Loire, la production laitière est relativement récente ; elle s’est développée à partir d’un système basé sur le veau de boucherie sous la mère et beaucoup d’exploitations conservent les marques de cette évolution. Ainsi, les quotas ont touché beaucoup d’élevages dont la mutation laitière n’était pas achevée. L’étude se propose, à partir d’un échantillon de 30 exploitations, « ayant de l’avenir », de montrer quelles ont été les évolutions depuis le début des quotas. Les trois premières années, les effets ont été masqués par les limitations de rendement provenant du climat lui-même et par l’octroi de références supplémentaires. Mais les conditions favorables de la quatrième campagne ont provoqué une forte amélioration des rendements laitiers obligeant les éleveurs à prendre des mesures d’ajustement. La constitution d’une typologie de « profils » d’exploitations permet d’analyser les trajectoires et les logiques de fonctionnement en dégageant des voies d’adaptation différenciées. Certaines exploitations ont adopté, depuis longtemps, une forte spécialisation laitière, avec vaches Pie-Noires et intensification poussée ; cette voie est exigeante en technicité et en ressources alimentaires ; elle est très sensible aux quotas. D’autres, ayant plus de surface, ont conservé, avec des vaches Pie-Rouges de bon niveau laitier, une orientation lait + veaux croisés vendus à un mois. Cette voie est sans doute mieux adaptée à l’évolution que doivent réaliser beaucoup de jeunes restés proches du système traditionnel. L’évolution difficile des exploitations ayant réalisé trop brutalement une modernisation complète montre la nécessité, plus forte en montagne qu’en plaine, de mieux préparer et étaler les investissements très lourds. L’important est de préserver une certaine diversité d’orientation pour les systèmes laitiers en montagne, et de proposer, à côté des voies basées sur une forte intensification, des évolutions prenant mieux en compte les systèmes mixtes possibles et une intensification modérée, plus facilement envisageables dans l’avenir avec l’agrandissement progressif des exploitations.
 

Auteurs


L. DOBREMEZ

dobremez@cemagref.fr

Affiliation : CEMAGREF Groupement de Clermont-Ferrand Division Techniques et Economie des Exploitations d’élevage Bovin et Ovin, Laluas - 63200 Riom

Pays : France


G. LIENARD

Affiliation : INRA Laboratoire de Recherches sur l’Economie de l’Elevage, Theix - 63122 Saint-Genès-Champanelle

Pays : France


M. BARRET

Affiliation : Centre d’Economie Rurale de la Haute-Loire - CER43 27, boulevard Bertrand - 43003 Le Puy

Pays : France

Pièces jointes

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