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Picorage et préhensibilité des particules alimentaires chez les volailles

Résumé

Les conditions d’alimentation des volailles constituent un modèle extrême à la fois de simplification (un seul aliment) et de sophistication (caractéristiques nombreuses contrôlées avec rigueur). Spécifique des oiseaux, le picorage est une activité complexe dont l’analyse est nécessaire à la compréhension des méthodes de mesures de la préhensibilité. Le poussin sort de l’oeuf grâce à son bec. Sa première activité après la naissance est de picorer. Il acquiert, plus ou moins rapidement selon sa vitesse de croissance, une sélectivité pour les particules alimentaires qui induisent des renforcements sensoriels et métaboliques.


Le picorage alimentaire est une activité discontinue, anticipée, hétérogène et sélective. Le rythme des accès à l’aliment est le résultat d’une adaptation de l’animal à son environnement plutôt que le reflet intangible d’une régulation interne de l’appétit. L’observation vidéo ralentie du picorage confirme que la tête est immobile pendant les deux tiers du temps, ce qui permet l’observation des particules. La particule touchée ou saisie est choisie avant le coup de bec qui s’effectue membrane nictitante fermée. La majorité des coups de bec ne saisissent pas d’aliment mais sont exploratoires et font partie d’un besoin global d’ "activités du bec". La force du coup de bec peut être mesurée sur une balance ultra-rapide. La force et le rythme du picorage varient selon la nature des particules consommées.


Trois mesures permettent de caractériser rapidement la préhensibilité d’un aliment : la "vitesse" d’ingestion (quantité consommée / temps passé), le rythme de picorage (nombre de coups de bec / temps passé) et l’efficacité d’un coup de bec (quantité consommée / nombre de coups de bec). Ces mesures pourront par la suite être affinées en distinguant coups de becs exploratoires ou consommateurs et en mesurant la force d’un coup de bec.


Au poulailler, le temps passé à consommer peut être évalué par comptage répété du nombre de volailles à la mangeoire sur un ou plusieurs sites du bâtiment. D’autres informations comme les interactions sociales pendant un accès à la mangeoire ou le picorage du sol rapidement après, sont de indicateurs potentiels de difficultés d’adaptation à l’aliment.


Les mesures de préhensibilité chez les volailles contribueront à une caractérisation physique précise des particules alimentaires qui complétera les connaissances nutritionnelles actuelles qui sont surtout biochimiques.

Auteurs


M. PICARD

picard@inra.fr

Affiliation : INRA Station de Recherches Avicoles 37380 Nouzilly

Pays : France


J.P. MELCION

Affiliation : INRA Laboratoire de Technologie Appliquée à la Nutrition BP 71627, 44316 Nantes cedex 3

Pays : France


C. BOUCHOT

Affiliation : INRA Station de Recherches Avicoles 37380 Nouzilly

Pays : France


J.M. FAURE

Affiliation : INRA Station de Recherches Avicoles 37380 Nouzilly

Pays : France

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