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                <journal-title>INRAE Productions Animales</journal-title>
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                <article-title>Le point sur la lipolyse du lait de vache : facteurs de variation et mécanismes biochimiques</article-title>
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                <sup>
                    <italic>1</italic>
                </sup> PEGASE, INRAE, Institut Agro, 35590, Saint-Gilles, France</aff>
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                <sup>
                    <italic>2</italic>
                </sup> Institut de l’élevage, Monvoisin, 35650, Le Rheu, France</aff>
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            <author-notes>
                <corresp id="cor1">
                    <sup>
                        <italic>*</italic>
                    </sup>Courriel : elise.vanbergue@idele.fr</corresp>
            </author-notes>
            <abstract>
                <sec id="Résumé">
                    <title>Résumé</title>
                    <p/>
                    <p>La lipolyse est une réaction enzymatique qui influence négativement les qualités organoleptiques et technologiques du lait. Dans certaines régions de France, la lipolyse est un critère de paiement du lait. La susceptibilité des vaches à la lipolyse conditionne les fluctuations de la lipolyse dans le tank. Les vaches dites « non susceptibles » présentent un taux de lipolyse individuel faible et stable pendant leur carrière alors que les vaches dites « susceptibles » présentent un taux de lipolyse fluctuant de faible à très élevé, en fonction des facteurs d’élevage, de l’installation de traite et du stockage. Selon les systèmes d’élevage, plusieurs leviers sont disponibles pour minimiser la lipolyse : sélection de vaches « non susceptibles » à la lipolyse parmi les vaches Holstein ou recours à d’autres races de vaches moins « susceptibles » telles que les vaches de race Normande ou Tarentaise à titre d’exemple, tarissement à 6 mois de gestation pour les vaches « susceptibles », maintien de la fréquence de traite à deux traites par jour. Une attention particulière doit être accordée à l’équilibre des rations (énergie, azote) et à la complémentation (lipides) surtout chez les vaches fortes productrices en début de lactation. Le pâturage semble être associé à des niveaux de lipolyse faibles. Un bon entretien des installations de traite doit être réalisé car la présence de dysfonctionnements multiplie l’impact du circuit de traite sur la lipolyse. Avec les robots de traite, la lipolyse est en moyenne plus élevée qu’en traite conventionnelle, cependant l’amélioration des matériels est continue. Les mécanismes biochimiques, explicatifs de la lipolyse sont toujours à l’étude.</p>
                </sec>
                <sec id="Abstract">
                    <title>Abstract</title>
                    <p/>
                    <p>
                        <bold>
                            <italic>Cow milk lipolysis updates: determining factors and biochemical mechanisms</italic>
                        </bold>
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                    <p/>
                    <p>Lipolysis is an enzymatic reaction, which leads to off-flavor in milk and impairs technological properties of milk. In some region of France, lipolysis is one of the milk payment criteria. Cow susceptibility to lipolysis affects tank lipolysis variations. “Non-susceptible” cows’ present low and stable lipolysis rates during their life although “susceptible” cows present fluctuating lipolysis rates, according husbandry factors, milking systems and milk storage. According to farming systems, lipolysis can be reduce by selecting “non-susceptible“ cows, by drying off “susceptible” cows from 6 months of gestation, by reducing milking frequency at 2 milking per day. Balance of rations (energy, proteins, lipid complementation) must be taken care of, especially in early lactation for high merit multiparous cows. Pasture is associated with low lipolysis rates. Careful maintenance of milking systems is important to reduce dysfunctions and their impacts on lipolysis. Lipolysis is on average higher for milking robots than for conventional milking equipment; however, continuous improvements are done in the field. Biochemical mechanisms of lipolysis are still being studied.</p>
                </sec>
            </abstract>
        </article-meta>
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    <body>
        <sec id="Chapeau">
            <title>Chapeau</title>
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            <p>La lipolyse du lait est une réaction d’hydrolyse de la matière grasse qui peut être à l’origine de défauts de qualité organoleptique et technologique des laits et des produits laitiers. Les niveaux de lipolyse dépendent de l’animal, des facteurs d’élevage, du matériel de traite et de la présence éventuelle de bactéries psychrotrophes. Ils ne peuvent pas être corrigés par l’industrie laitière, ce qui a motivé de nombreux travaux en amont de la filière, allant de la zootechnie à la biochimie des laits.</p>
        </sec>
        <sec id="Introduction">
            <title>Introduction</title>
            <p/>
            <p>La lipolyse du lait, un des processus de dégradation de la Matière Grasse (MG) laitière, est un critère de qualité du lait. En effet, les acides gras à chaîne courte libérés lors de la lipolyse provoquent le développement d'un arôme de rance dans le lait, qui n’est pas toléré par les consommateurs Français. De plus, la présence de triglycérides partiels dans le lait nuit à ses propriétés technologiques, telles que ses capacités de moussage et de crémage.</p>
            <p/>
            <p>La mesure de la lipolyse s’effectue par dosage des Acides Gras Libres (AGL) des laits, produits de la réaction de lipolyse (cf. encadré). La méthode de dosage la plus utilisée est la méthode des savons de cuivre ; il s’agit d’une méthode colorimétrique étalonnée sur l’acide oléique. L’unité de mesure de lipolyse est le milliéquivalent (meq) pour 100 g de MG qui équivaut à 0,28 g d’acide oléique pour 100 g de MG. Le lait de référence doit contenir moins de 0,89 meq d’AGL pour 100 g de MG. Entre les années 1960 et 1990, l'incidence de la lipolyse du lait a considérablement augmenté en raison de l'intensification de la production laitière (plus de lait produit par vache) et de la modernisation de la traite (machines à traire). À cette époque, d’énormes efforts de recherche et développement ont été déployés pour trouver des stratégies visant à réduire la lipolyse du lait. Cependant, depuis les années 2000, les industries laitières ont à nouveau connu une augmentation des phénomènes de lipolyse dans la collecte du lait en France, sans que cette augmentation soit jusqu'ici objectivée ou expliquée par les techniciens d'élevage. De plus, l’arrivée des robots de traite a entraîné une augmentation de 20 à 50 % des taux de lipolyse par rapport aux installations de traite conventionnelle et des problèmes liés à la lipolyse pourraient apparaître dans les années à venir.</p>
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            <p>
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                    <label>Table</label>
                    <caption>
                        <title>Encadré. Méthodes de mesure de la lipolyse du lait (d’après une plaquette distribuée par le CNIEL : La lipolyse du lait. Comment améliorer ses résultats).</title>
                    </caption>
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                            <thead>
<tr>
    <th xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xmlns:xs="http://www.w3.org/2001/XMLSchema" xsi:type="xs:string">titre du tableau </th>
</tr>
                            </thead>
                            <tr>
<th>Depuis 2012, pour mesurer l’indice de lipolyse du lait, les laboratoires interprofessionnels laitiers et les CRIEL ont le choix entre deux méthodes de routine validées et autorisées par le CNIEL : <italic>i)</italic> Une technique chimique dite « méthode aux savons de cuivre » : cette méthode détermine par réaction colorimétrique les acides gras libres extraits du lait par un solvant organique. Elle consiste en un transfert sélectif des acides gras libres sous forme de savons de cuivre, vers une phase organique à base de chloroforme que l’on sépare du lait. La teneur en savons de cuivre est ensuite déterminée par analyse colorimétrique du cuivre associé aux acides gras libres.<italic>ii)</italic> une méthode instrumentale par spectrométrie infrarouge.  Il existe une 3<sup>ème</sup> méthode qui est la méthode de référence : méthode BDI (ISO/TS 22113 ; FIL/MR204). Une quantité d'échantillon est mélangée soigneusement avec une solution contenant du tétraphosphate de sodium et un agent tensioactif. Le mélange est chauffé dans un bain d'eau bouillante pour obtenir la séparation de la matière grasse. Une quantité connue de matière grasse extraite est dissoute dans un solvant organique et titrée avec un alcali alcoolique. Les modalités de paiement du lait ont évolué en 2012. D’un contrôle par mois ou par trimestre (selon les régions) avec la méthode aux savons de cuivre, la périodicité est passée à 3 analyses minimum par mois et par producteur (comme pour la matière grasse) avec la méthode infrarouge. Le passage à l’infrarouge permet ainsi d’augmenter la fréquence des analyses. La méthode infrarouge a également l’avantage de délivrer des résultats presque instantanément, d’éviter la manipulation de solvants et de réduire la production de déchets polluants. Il est à noter que le seuil de pénalité reste le même quelle que soit la méthode. Les principes appliqués pour les règles de gestion des écarts (rattrapages) sont maintenus. Le tableau suivant résume les modalités de paiement du lait de vache pour chacune des méthodes d’analyses utilisables, applicables depuis 2012.<fig>
        <label>Table</label>
        <caption>
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            <p/>
        </caption>
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    </fig>* plage de validité des résultats analytiques ** à partir de 2013 unités : milliéquivalent d’acides gras libres par 100 g de matière grasse</th>
                            </tr>
                        </table>
                    </alternatives>
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            </p>
            <p/>
            <p>On distingue trois types de lipolyse (figure 1) : la Lipolyse Spontanée (LS), la Lipolyse Induite (LI) et la Lipolyse Microbienne (LM). La LS se produit consécutivement au refroidissement du lait, en l’absence de chocs mécaniques. Elle dépend de l’animal et des facteurs d’élevage. La LI se produit consécutivement aux chocs mécaniques et thermiques qui ont lieu pendant la traite et le stockage du lait. En pratique, dans les élevages, il n’est pas possible de dissocier la LS de la LI dans les laits de tank. La LM est le produit de l’action des enzymes microbiennes sur les globules gras du lait. La LM devient significative après 3 à 4 jours de stockage du lait cru, lorsqu’il est de qualité sanitaire satisfaisante.</p>
            <p/>
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            <p>
                <fig>
                    <label>Table</label>
                    <caption>
                        <title>Figure 1. Les différents types de lipolyse : spontanée, induite et microbienne (d’après <xref ref-type="bibr" rid="ref45">Heuchel et Chilliard, 1988</xref>).</title>
                        <p/>
                    </caption>
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                </fig>
            </p>
            <fig>
                <label>Table</label>
                <caption>
                    <title>Figure 1. Les différents types de lipolyse : spontanée, induite et microbienne (d’après <xref ref-type="bibr" rid="ref45">Heuchel et Chilliard, 1988</xref>).</title>
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                </caption>
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            </fig>
            <p/>
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            <p/>
            <p>Cet article de synthèse fait état des connaissances actuelles sur les lipolyses du lait de vache (LS et LI), depuis l’impact sur le lait et les produits laitiers jusqu’aux mécanismes biochimiques. L’impact des facteurs d’élevage et de l’installation de traite est traité avec attention. La LM ne sera pas abordée. </p>
        </sec>
        <sec id="1.-Effets-sur-la-qualité-organoleptique-et-technologique-du-lait-et-des-produits-laitiers">
            <title>1. Effets sur la qualité organoleptique et technologique du lait et des produits laitiers</title>
            <sec id="1.1.-Effet-sur-la-qualité-gustative-des-produits-laitiers">
                <title>1.1. Effet sur la qualité gustative des produits laitiers</title>
                <p/>
                <p>L’hydrolyse des TriGlycérides (TG) en AGL par la LipoProtéine Lipase (LPL) peut être à l’origine de modifications organoleptiques des produits laitiers. La contribution des AGL au goût des produits peut être positive ou négative selon les produits considérés. Les seuils de perceptions de ces modifications organoleptiques sont variables en fonction des produits et des jurys de dégustations. </p>
                <sec id="a.-Laits-liquides,-crèmes-et-beurres">
                    <title>a. Laits liquides, crèmes et beurres</title>
                    <p/>
                    <p>Historiquement, le terme « rance » a été le plus utilisé pour décrire le défaut de goût associé à la lipolyse. Les termes de « savonneux », « chèvre », « butyrique » et « amer » ont également été utilisés. Cependant, les termes « amer » et « rance » ne sont pas spécifiques à la lipolyse et sont parfois utilisés pour décrire des saveurs liées à l’oxydation ou à la dégradation protéique. De ce fait, il est recommandé d’utiliser le terme de « lipolysé » pour faire référence à la saveur spécifique qui correspond à l’hydrolyse des TG (Shipe <italic>et al.,</italic> 1978). Cependant cette nomenclature n’est pas toujours respectée dans la littérature et le terme de « rance » est souvent rencontré (Scanlan <italic>et al.,</italic> 1965 ; Duncan <italic>et al.,</italic> 1991 ; <xref ref-type="bibr" rid="ref41">Gonzalez-Cordova et Vallejo-Cordoba, 2003</xref>). Il a été montré que la flaveur « lipolysée » du lait provenait essentiellement des acides gras à courte chaîne (C4:0 à C12:0) et particulièrement de l’acide caprylique (C8:0) et de l’acide caprique (C10:0) (tableau 1 ; Scanlan <italic>et al.,</italic> 1965 ; <xref ref-type="bibr" rid="ref8">Bendall, 2001</xref> ; Moio <italic>et al.,</italic> 1993). Dans le beurre, la présence d’AGL perturbe l’équilibre entre composés volatiles et non-volatiles en apportant une saveur et une odeur « rances » aux beurres (tableau 2 ; Shipe <italic>et al.,</italic> 1980 ; <xref ref-type="bibr" rid="ref41">Gonzalez-Cordova et Vallejo-Cordoba, 2003</xref> ; Mallia <italic>et al.,</italic> 2008). L’acide butyrique (C4:0) et l’acide caproïque (C6:0) seraient les AGL les plus influents (McDaniel <italic>et al.,</italic> 1969). Concernant les yaourts, il y a peu d’information dans la littérature. Cependant, il a été montré une corrélation positive entre une saveur de type « savon » dans les yaourts et la concentration en AGL, et plus particulièrement en C8:0, C10:0 et C14:0 (<xref ref-type="bibr" rid="ref25">Cheng, 2010</xref>). </p>
                    <p/>
                    <p>
                        <table-wrap position="float" orientation="portait">
                            <label>Table</label>
                            <caption>
<title>Tableau 1. Flaveurs associées aux acides gras libres à courte chaîne présents dans le lait des vaches laitières (adapté de <xref ref-type="bibr" rid="ref29">Chouinard <I>et al.</I>, 2012</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="ref8">Bendall, 2001</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="ref55">Moio <I>et al.</I>, 1993</xref>).</title>
                            </caption>
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    <thead>
        <tr>
            <th xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xmlns:xs="http://www.w3.org/2001/XMLSchema" xsi:type="xs:string">titre du tableau </th>
        </tr>
    </thead>
    <tr>
        <th>
            <bold>Acide gras</bold>
        </th>
        <th>
            <bold>Flaveur associée</bold>
        </th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Acide acétique</th>
        <th>Vinaigre</th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Acide propionique</th>
        <th>Vinaigre ; âcre</th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Acide butyrique</th>
        <th>Vomi ; fromage féta</th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Acide valérique</th>
        <th>Acide ; pain ; fromage ; chien</th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Acide caproïque</th>
        <th>Graisseux ; fromageux ; cireux ; chèvre</th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Acide caprylique</th>
        <th>Cire ; savon ; chèvre ; moisi ; rance ; fruité</th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Acide caprique</th>
        <th>Rance</th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Acide déc-9-énoique</th>
        <th>Papier humide ; poussière brûlée</th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Acide 3-méthylbutanoïque</th>
        <th>Herbeux léger ; légumes cuits</th>
    </tr>
</table>
                            </alternatives>
                            <table-wrap-foot>
<fn>
    <p/>
</fn>
                            </table-wrap-foot>
                        </table-wrap>
                    </p>
                    <p/>
                    <p>
                        <table-wrap position="float" orientation="portait">
                            <label>Table</label>
                            <caption>
<title>Tableau 2. Acides gras libres à courte chaîne participant à l’odeur des beurres (adapté de <xref ref-type="bibr" rid="ref52">Mallia <I>et al.</I>, 2008</xref>).</title>
                            </caption>
                            <alternatives>
<table style="table table-bordered table-striped affichage-tableau">
    <col width="33%"/>
    <col width="33%"/>
    <col width="33%"/>
    <col width="33%"/>
    <col width="33%"/>
    <col width="33%"/>
    <col width="33%"/>
    <thead>
        <tr>
            <th xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xmlns:xs="http://www.w3.org/2001/XMLSchema" xsi:type="xs:string">titre du tableau </th>
        </tr>
    </thead>
    <tr>
        <th>
            <bold>Composant</bold>
        </th>
        <th>
            <bold>Odeur associée</bold>
        </th>
        <th>
            <bold>Seuil odeur nasale (mg/kg)</bold>
        </th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Acide butanoïque</th>
        <th>Beurre, douce, fromagère, rance</th>
        <th>0,135</th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Acide hexanoïque</th>
        <th>Acre, moisie, fromagère, piquante</th>
        <th>5,4</th>
    </tr>
</table>
                            </alternatives>
                            <table-wrap-foot>
<fn>
    <p/>
</fn>
                            </table-wrap-foot>
                        </table-wrap>
                    </p>
                    <p/>
                    <p>Le seuil de perception de la flaveur « lipolysée » est variable selon les produits laitiers concernés (lait, beurre, crème, fromage) et selon les auteurs. En ce qui concerne le lait, dans le cas d’ajouts dosés d’AGL, il est souvent rapporté l’existence de corrélations entre la teneur en AGL et la perception de la flaveur « rance » ou « lipolysée » par les jurys (Duncan <italic>et al.,</italic> 1991 ; Gonzalez- Cordova et Vallejo-Cordoba, 2003), alors que dans les laits issus de tanks, aucune corrélation n’a été mise en évidence entre ces deux paramètres (Connolly <italic>et al.,</italic> 1979 ; Duncan <italic>et al.,</italic> 1991). Le lait commence à être jugé négativement à partir d’un seuil d’AGL égal à 1,2 mEq/100 g de MG (Connolly <italic>et al.,</italic> 1979 ; Santos <italic>et al.,</italic> 2003). La variabilité des résultats est cependant à prendre en compte. Selon Connolly <italic>et al.</italic> (1979), 23 % des jurys entraînés sont capables de reconnaître la saveur « lipolysée » à partir de 2,65 mEq/100 g de MG, alors que Santos <italic>et al.</italic> (2003) rapportaient que 34 % des jurys détectaient cette flaveur au-delà de 1,25 mEq/100 g de MG et 63 % au-delà de 1,75 mEq/100 g de MG. La variabilité des résultats peut s’expliquer par le niveau d’entraînement des jurys, mais également par l’abondance des saveurs retrouvées dans le lait. En effet, il n’y a pas moins de 207 composés volatils (<xref ref-type="bibr" rid="ref51">Maarse et Visscher, 1990</xref>) qui apportent leur flaveur au lait, avec une synergie variable selon leur concentration. En ce qui concerne les beurres et les crèmes, beaucoup d’études n’ont pas montré de corrélation entre la teneur en AGL et la saveur « lipolysée » (<xref ref-type="bibr" rid="ref7">Bell et Parsons, 1977</xref> ; Connolly <italic>et al.,</italic> 1979). Cependant <xref ref-type="bibr" rid="ref80">Woo et Lindsay (1983)</xref> ont fait le lien entre la teneur en AGL et la flaveur rance. Selon les publications, le seuil de perception de la flaveur « lipolysée » varie entre 0,78 et 2,80 mEq/100 g de MG. Cependant, le seuil de 1,5 mEq/100 g de MG semble être le plus fréquemment utilisé (<xref ref-type="bibr" rid="ref80">Woo et Lindsay, 1983</xref> ; Fox <italic>et al.,</italic> 1995). De plus, à ce seuil, les beurres sont susceptibles également d’être plus sensibles à d’autres phénomènes induisant des défauts de flaveur tels que l’oxydation des acides gras. Les AGL sont en effet plus disponibles pour réagir avec d’autres composés (Fox <italic>et al.,</italic> 1995). Selon <xref ref-type="bibr" rid="ref58">Nursten (1997)</xref> et McNeill <italic>et al.</italic> (1986), la rancidité des beurres est ressentie à partir de 35 mg/kg de C4:0 et de 26 mg/kg de C6:0, le C4:0 et le C6:0 étant les AGL qui contribuent le plus à la flaveur rance.</p>
                </sec>
                <sec id="b.-Fromages">
                    <title>b. Fromages</title>
                    <p/>
                    <p>Selon le type de fromages, la contribution des AGL à courtes chaînes, considérés les plus importants, peut être positive ou négative. Dans les fromages dits à lipolyse élevée, tels que les fromages à pâte molle, les fromages italiens à pâte pressée ou les fromages à pâte persillée, le C4:0 apporte une saveur « fromagère », le C6:0 une saveur de « bleu » ou « piquante » et le C8:0 une saveur « fruitée », « chèvre » ou encore « moisie » particulièrement recherchée dans le cas des bleus. Ces AGL sont également les précurseurs de composés volatiles essentiels dans le développement des flaveurs de ces fromages, tels que les méthylcétones, les lactones, les esters et les alcools secondaires. À l’opposé, dans les fromages à lipolyse plus modérée, tels que les fromages à pâte pressée non cuite du type cheddar, gouda, ou cuite du type gruyère ou emmental, les produits de la lipolyse et leurs dérivés participent à la flaveur générale du fromage, mais doivent rester présents en quantité modérée. Dans le cas contraire, le C4:0 est associé à une flaveur « rance » et le C8:0 à une flaveur « savon », « rance » ou « cireuse ». Dans les fromages, les AGL peuvent provenir du lait initial, de l’action de la LPL (si lait cru), des préparations enzymatiques, des ferments et des 30 moisissures apportées au lait lors de la fabrication et l’affinage (tableau 3 ; Fox <italic>et al.,</italic> 1995 ; <xref ref-type="bibr" rid="ref77">Wilkinson, 2007</xref>). </p>
                    <p/>
                    <p>Pour les fromages dits à lipolyse élevée, 5 à 10 % des TG peuvent être transformés en AGLdans le cas des pâtes molles, et plus de 20 % dans le cas des pâtes persillées. Pour les fromages dits à lipolyse modérée, la lipolyse ne doit pas dépasser 2 % des TG pour éviter le développement de saveurs « rance » ou « lipolysée » (tableau 3 ; <xref ref-type="bibr" rid="ref77">Wilkinson, 2007</xref>).</p>
                    <p/>
                    <p>
                        <table-wrap position="float" orientation="portait">
                            <label>Table</label>
                            <caption>
<title>Tableau 3. Concentrations en Acides Gras Libres (AGL) totaux présents dans les fromages  (adapté de <xref ref-type="bibr" rid="ref40">Fox <I>et al.</I>, 1995</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="ref79">Woo <I>et al.</I>, 1984</xref> ; Woo et Lindsey, 1983).</title>
                            </caption>
                            <alternatives>
<table style="table table-bordered table-striped affichage-tableau">
    <col width="25%"/>
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    <col width="25%"/>
    <col width="25%"/>
    <col width="25%"/>
    <col width="25%"/>
    <col width="25%"/>
    <col width="25%"/>
    <thead>
        <tr>
            <th xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xmlns:xs="http://www.w3.org/2001/XMLSchema" xsi:type="xs:string">titre du tableau </th>
        </tr>
    </thead>
    <tr>
        <th>
            <bold>Variété</bold>
        </th>
        <th>
            <bold>AGL (mg/kg)</bold>
        </th>
        <th>
            <bold>Variété</bold>
        </th>
        <th>
            <bold>AGL (mg/kg)</bold>
        </th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Sapsago</th>
        <th>211</th>
        <th>Gjetost</th>
        <th>1 658</th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Edam</th>
        <th>356</th>
        <th>Provolone</th>
        <th>2 118</th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Mozzarella</th>
        <th>363</th>
        <th>Brick</th>
        <th>2 150</th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Colby</th>
        <th>550</th>
        <th>Limburger</th>
        <th>4 187</th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Camembert</th>
        <th>681</th>
        <th>Fromage de chèvre</th>
        <th>4 558</th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Port Salut</th>
        <th>700</th>
        <th>Parmesan</th>
        <th>4 993</th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Monterey Jack</th>
        <th>736</th>
        <th>Romano</th>
        <th>6 754</th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Cheddar</th>
        <th>1 028</th>
        <th>Blue mould (US)</th>
        <th>32 230</th>
    </tr>
    <tr>
        <th>Gruyère</th>
        <th>1 481</th>
        <th>Roquefort</th>
        <th>32 453</th>
    </tr>
</table>
                            </alternatives>
                            <table-wrap-foot>
<fn>
    <p/>
</fn>
                            </table-wrap-foot>
                        </table-wrap>
                    </p>
                </sec>
            </sec>
            <sec id="1.2.-Effet-sur-la-qualité-technologique-des-laits">
                <title>1.2. Effet sur la qualité technologique des laits</title>
                <p/>
                <p>Certains auteurs ont rapporté des défauts d’aptitude à la transformation des laits à partir d’un certain seuil de lipolyse. Lors de la fabrication du beurre, une lipolyse du lait élevée entraînerait des modifications au niveau du comportement lors de l’écrémage et une augmentation du temps de barattage de la crème (<xref ref-type="bibr" rid="ref32">Deeth, 2006</xref> ; Mallia <italic>et al.,</italic> 2008), en lien avec des modifications des capacités moussantes rapportées par <xref ref-type="bibr" rid="ref32">Deeth (2006)</xref>. En effet, les glycérides partiellement hydrolysés présents dans le lait déplaceraient les protéines stabilisatrices de la mousse à l’interface eau/air des bulles formées par le moussage, diminuant les capacités moussantes du lait (<xref ref-type="bibr" rid="ref32">Deeth, 2006</xref>). Pour le fromage, il a été montré que certains AGL inhiberaient la croissance des bactéries lactiques et des bactéries propioniques utilisées lors de la fabrication et de la maturation des fromages. À titre d’exemple, il a été montré que, même à faible dose (10 à 100 mg/L), les acides gras C12:0, C14:0, C18:0 et C18:3 inhiberaient la croissance du <italic>Lactobacillus helveticus </italic>et que les acides gras C12:0, C14:0, C18:0 et C18:2 inhiberaient la croissance de <italic>Freudenreichii shermani, </italic>deux souches très employées en fromagerie (Boyaval <italic>et al.,</italic> 1995)<italic>.</italic>
                </p>
            </sec>
        </sec>
        <sec id="2.-Les-mécanismes-de-la-lipolyse-du-lait-de-vache">
            <title>2. Les mécanismes de la lipolyse du lait de vache</title>
            <sec id="2.1.-Le-système-enzymatique">
                <title>2.1. Le système enzymatique</title>
                <p/>
                <p>Le système lipolytique (SLi) est le système enzymatique qui conduit à la réaction de lipolyse. Le SLi est constitué par 1) une enzyme native du lait, la LPL, 2) son substrat, les TG constituants les Globules Gras (GG) et 3) ses cofacteurs, activateurs et inhibiteurs. Plusieurs études se sont centrées sur l’identification des différents cofacteurs de la LPL. L’albumine sérique bovine (<xref ref-type="bibr" rid="ref33">Deeth et Fitzgerald, 1976</xref> ; Murphy <italic>et al.,</italic> 1979 ; <xref ref-type="bibr" rid="ref9">Bengtsson et Olivecrona, 1980</xref>), les glycosaminoglycanes du type héparine (<xref ref-type="bibr" rid="ref48">Iverius et Ostlund-Lindqvist, 1976</xref>) et les apolipoprotéines (<xref ref-type="bibr" rid="ref32">Deeth, 2006</xref>) ont été identifiés comme de potentiels activateurs de la LPL. La Protéose Peptone (PP) 3 et dans une moindre mesure le composant 8F des PP (Anderson <italic>et al.,</italic> 1981 ; <xref ref-type="bibr" rid="ref60">Pâquet, 1989</xref> ; Cartier <italic>et al.,</italic> 1990), la β-lactoglobuline et la lactoferrine (Bläckberg <italic>et al.,</italic> 1979) ont été identifiés comme de potentiels inhibiteurs de la LPL. À noter qu’aucune relation entre l’albumine sérique, le PP8, et la LS n’a été montrée directement dans le lait (Vanbergue <italic>et al.,</italic> 2018b). Le composant 5 des PP a été, quant à lui, identifié dans certaines études comme activateur (<xref ref-type="bibr" rid="ref15">Cartier et Chilliard, 1986</xref>) et dans d'autres études comme inhibiteur de la LPL (<xref ref-type="bibr" rid="ref2">Anderson, 1981</xref> ; Vanbergue <italic>et al.,</italic> 2018b). L’effet activateur de la PP5 est supprimé par la présence de faibles doses de PP3 (Cartier <italic>et al.</italic>, 1990). Finalement, il y a très peu de certitudes concernant les cofacteurs de la LPL. La figure 2 illustre le système enzymatique impliqué dans la réaction de lipolyse du lait.</p>
                <p/>
                <p/>
                <p>
                    <fig>
                        <label>Table</label>
                        <caption>
                            <title>Figure 2. Système enzymatique impliqué dans la réaction de lipolyse du lait</title>
                            <p/>
                        </caption>
                        <graphic mimetype="image" ns2:type="simple" ns2:href="image3.jpeg"/>
                    </fig>
                </p>
                <fig>
                    <label>Table</label>
                    <caption>
                        <title>Figure 2. Système enzymatique impliqué dans la réaction de lipolyse du lait</title>
                        <p/>
                    </caption>
                    <graphic mimetype="image" ns2:type="simple" ns2:href="image3.jpeg"/>
                </fig>
                <p/>
                <p/>
            </sec>
            <sec id="2.2.-Importance-du-refroidissement-du-lait">
                <title>2.2. Importance du refroidissement du lait</title>
                <p/>
                <p>Le refroidissement du lait est un prérequis à l’activation du SLi. En effet, <xref ref-type="bibr" rid="ref10">Bengtsson et Olivecrona (1982)</xref> ont montré qu’il n’y avait pas de LS dans un lait prélevé manuellement et maintenu à 37°C. La réfrigération permet une réorganisation des composants du lait, propice à la LS, car elle permet de mettre en contact l’enzyme LPL et son substrat, les TG (<xref ref-type="bibr" rid="ref17">Cartier et Chilliard, 1990</xref>). </p>
                <sec id="a.-Évolution-de-la-structure-des-globules-gras">
                    <title>a. Évolution de la structure des globules gras</title>
                    <p/>
                    <p>Le refroidissement du lait entraîne une cristallisation fractionnée de la MG, qui se manifeste par une rétractation des GG et une altération de leur membrane (Dickow <italic>et al.,</italic> 2011). Il se produit une exsudation de TG hors du GG, accompagnée d’une agglomération et d’une perte d’intégrité des GG (Dickow <italic>et al.,</italic> 2011), entraînant des modifications de la taille des GG par coalescence. Le refroidissement du lait est également marqué par des phénomènes d’absorption/désorption des composants de la membrane des globules gras (Anderson <italic>et al.,</italic> 1972 ; <xref ref-type="bibr" rid="ref6">Badings et Van der Pol, 1973</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="ref69">Sundheim et Bengtsson-Olivecrona, 1987b</xref>). Plusieurs auteurs ont rapporté un changement de morphologie et d’organisation des domaines lipidiques (Nguyen <italic>et al.,</italic> 2016), accompagné d’une perte des phospholipides de cette membrane. Cette perte est évaluée entre 10 et 18 % selon les auteurs (Patton <italic>et al.,</italic> 1980 ; <xref ref-type="bibr" rid="ref36">Evers, 2004</xref>), mais reste néanmoins très variable selon les individus (Patton <italic>et al.,</italic> 1980). Le réarrangement des composants de la membrane des GG permet à la LPL d’avoir accès aux TG (<xref ref-type="bibr" rid="ref69">Sundheim et Bengtsson-Olivecrona, 1987b</xref>). L’évolution de la structure des GG suite à un refroidissement est variable selon la race des vaches laitières (Dickow <italic>et al.,</italic> 2011).</p>
                </sec>
                <sec id="b.-La-migration-de-la-lipo-protéine-lipase-à-la-surface-des-globules-gras">
                    <title>b. La migration de la lipo-protéine lipase à la surface des globules gras</title>
                    <p/>
                    <p>Le refroidissement entraîne également une migration de la LPL, des micelles de caséines vers la surface des GG (<xref ref-type="bibr" rid="ref69">Sundheim et Bengtsson-Olivecrona, 1987b</xref> ; Dickow <italic>et al.,</italic> 2011). Les déterminants de cette migration sont toutefois peu connus. La réduction de la taille des micelles de caséines et leur plus grande dispersion dans le lait, ainsi que leur solubilisation (essentiellement la caséine β) dans la partie non grasse du lait pourraient, en partie, expliquer ces changements d’interaction entre composants du lait (Dickow <italic>et al.,</italic> 2011). La réorganisation de la membrane des GG précédemment décrite pourrait modifier la liaison entre la LPL et les GG lors de la migration en surface (Dickow <italic>et al.,</italic> 2011).</p>
                </sec>
                <sec id="c.-Le-rôle-des-cofateurs-de-la-lipo-protéine-lipase">
                    <title>c. Le rôle des cofateurs de la lipo-protéine lipase</title>
                    <p/>
                    <p>Le comportement des activateurs et inhibiteurs de la LPL, connus ou suspectés (sérum albumine bovine, fraction PP, apolipoprotéines, glycosaminoglycanes) après refroidissement du lait ne sont pas connus. </p>
                </sec>
            </sec>
            <sec id="2.3.-Fonctionnement-du-système-enzymatique">
                <title>2.3. Fonctionnement du système enzymatique</title>
                <p/>
                <p>En général, l’activité de la LPL est évaluée expérimentalement, dans un milieu en excès de substrat et en présence d’activateurs de l’enzyme (apolipoprotéines du sérum, sérum albumine bovine), à pH alcalin (8,3) et à 37°C ou 39°C. L’activité de la LPL ainsi mesurée représente le potentiel d’activité de la LPL en conditions idéales. L’activité dépend de la quantité de LPL présente et de son efficacité. Elle est donc différente de l’activité de la LPL dans le lait, qui elle dépend de l’équilibre du SLi.</p>
                <p/>
                <p>Chez la vache laitière, il n’y aurait pas ou peu de relations entre l’activité de la LPL (mesurée en conditions optimales) et la quantité d’AGL produits dans le lait total (0,15 &lt; R² &lt; 0,4 selon les études ; <xref ref-type="bibr" rid="ref4">Bachman et Wilcox, 1990</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="ref33">Deeth et Fitzgerald, 1976</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="ref1">Ahrné et Björck, 1985</xref> ; Ferlay <italic>et al.,</italic> 2006). La production d’AGL dépend de l’activité de la LPL liée aux GG (R² = 0,65 ; <xref ref-type="bibr" rid="ref67">Sundheim, 1988</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="ref1">Ahrné et Björck, 1985</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="ref17">Cartier et Chilliard, 1990</xref>). La corrélation entre la quantité d’AGL et l’activité de la LPL peut également dépendre du moment de la mesure. Une mesure au niveau du plateau enzymatique, lorsque l’enzyme est « saturée » par le substrat, sera indépendante de la quantité et de l’efficacité des enzymes présentes dans le milieu (<xref ref-type="bibr" rid="ref17">Cartier et Chilliard, 1990</xref>). </p>
                <p/>
                <p>Peu de recherches ont porté sur les interactions entre la LPL et le GG (Dickow <italic>et al.,</italic> 2011). Il est néanmoins connu que la LPL se lie aux glycosaminoglycanes du type héparane sulfate, présents à la surface des GG (Dickow <italic>et al.,</italic> 2011). La quantité de ligands (notamment de glycosaminoglycanes) présents à la surface des membranes des GG pourrait expliquer la proportion de LPL présente en surface des GG et finalement la susceptibilité à la lipolyse. Le mode d’action des autres activateurs et inhibiteurs est peu connu. Cependant, il a été observé, lors d’essais <italic>in vitro</italic>, que la PP 3 n’a pas d’interaction avec la LPL, ni avec les activateurs de la LPL. La PP 3 aurait donc une action inhibitrice, <italic>via</italic> la protection du substrat grâce à ses propriétés hydrophobes très marquées (<xref ref-type="bibr" rid="ref2">Anderson, 1981</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="ref15">Cartier et Chilliard, 1986</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="ref60">Pâquet, 1989</xref>).</p>
                <p>En conclusion, d’après <xref ref-type="bibr" rid="ref17">Cartier et Chilliard (1990)</xref> et <xref ref-type="bibr" rid="ref68">Sundheim et Bengtsson-Olivecrona (1987a)</xref>, les trois facteurs biochimiques déterminants de la sensibilité d’un lait à la LS seraient :</p>
                <p/>
                <p>
                    <italic>i)</italic> l’activité lipasique à la surface des GG ;</p>
                <p/>
                <p>
                    <italic>ii)</italic> l’intégrité et les caractéristiques de la membrane des GG ; </p>
                <p/>
                <p>
                    <italic>iii)</italic> l’équilibre entre facteurs activateurs et facteurs inhibiteurs. </p>
                <p/>
                <p>Chacun de ces déterminants peut être modulé par des facteurs intrinsèques à l’animal ou par des facteurs environnementaux (facteurs d’élevage).</p>
            </sec>
        </sec>
        <sec id="3.-Les-facteurs-de-variation-de-la-lipolyse-spontanée">
            <title>3. Les facteurs de variation de la lipolyse spontanée</title>
            <sec id="3.1.-Les-facteurs-de-variations-de-la-lipolyse-spontanée-liés-à-l’animal">
                <title>3.1. Les facteurs de variations de la lipolyse spontanée liés à l’animal</title>
                <sec id="a.-L’individu">
                    <title>a. L’individu</title>
                    <p/>
                    <p><xref ref-type="bibr" rid="ref21">Chazal et Chilliard (1987a)</xref> ont identifié un effet individu important : dans leur essai, 30 à 40 % de la LS étaient expliqués par l’individu et ce résultat était répétable d’une lactation à l’autre. L’effet individu a également été mis en évidence dans la thèse de <xref ref-type="bibr" rid="ref71">Vanbergue (2017)</xref> avec la description de deux phénotypes de vaches laitières en fonction de leur susceptibilité à présenter des niveaux de LS élevés. Les vaches laitières « non susceptibles » présentaient des niveaux de lipolyse inférieurs à 0,6 mEq/100 g de MG, quelles que soient les conditions environnementales, alors que les vaches laitières « susceptibles » pouvaient présenter des niveaux de lipolyse variables et élevés (&gt; 0,6 mEq/100 g de MG).</p>
                </sec>
                <sec id="b.-Le-type-génétique">
                    <title>b. Le type génétique</title>
                    <p/>
                    <p>Plusieurs études se sont intéressées à l’impact de la race sur le niveau de LS. <xref ref-type="bibr" rid="ref26">Chilliard (1982)</xref> et <xref ref-type="bibr" rid="ref22">Chazal et Chilliard (1987b)</xref> n’ont pas observé de différences entre les races Holstein et Montbéliarde. Bachman <italic>et al.</italic> (1988) ont montré que les vaches Jersiaise étaient moins susceptibles à la LS que les vaches Holstein. Plus récemment, Ferlay <italic>et al.</italic> (2006) ont montré que les vaches laitières Tarentaise étaient moins susceptibles à la LS que les vaches laitières Montbéliarde. Vanbergue <italic>et al.</italic> (2017) ont par ailleurs montré que les vaches laitières Normande étaient moins susceptibles à la LS que les vaches laitières Holstein. Cependant, les mécanismes explicatifs de l’effet de la race sont peu décrits et contradictoires dans la littérature. Pour Ferlay <italic>et al.</italic> (2006), la plus faible susceptibilité de la race Tarentaise à la LS serait liée à la plus grande richesse de son lait en acides gras polyinsaturés. Enfin, des variations de susceptibilité à la LS semblent perceptibles entre différentes populations d’une même race. <xref ref-type="bibr" rid="ref50">Jurczak (1995)</xref> a constaté une hiérarchisation de la susceptibilité à la LS au sein de la race Holstein, avec une plus forte susceptibilité des Holstein Canadienne et Polonaise comparées aux Holstein Hollandaise, les Holstein Américaine et Néozélandaise ayant des résultats intermédiaires. Chez la vache laitière, la relation entre les variants génétiques et la LS n’a pas encore été étudiée. Cependant, des effets individuels forts et répétables sur plusieurs lactations, ont été mis en évidence (<xref ref-type="bibr" rid="ref21">Chazal et Chilliard, 1987a</xref>). Chez d’autres ruminants, des effets génétiques ont été mis en évidence. À titre d’exemple chez la chèvre, le polymorphisme du gène CSN1S1, codant pour la caséine αS1, influence les niveaux de LS : des niveaux de LS plus élevés sont observés avec le génotype FF comparé au génotype AA (Chilliard <italic>et al.,</italic> 2014).</p>
                </sec>
                <sec id="c.-Le-stade-physiologique-et-la-parité">
                    <title>c. Le stade physiologique et la parité</title>
                    <p/>
                    <p>Le stade physiologique module les niveaux de LS des vaches laitières susceptibles. La LS serait plus importante en fin de lactation/gestation (<xref ref-type="bibr" rid="ref1">Ahrné et Björck, 1985</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="ref20">Chazal et Chilliard, 1986</xref> ; Bachman <italic>et al.,</italic> 1988 ; <xref ref-type="bibr" rid="ref50">Jurczak, 1995</xref> ; Vanbergue <italic>et al.,</italic> 2017). <xref ref-type="bibr" rid="ref20">Chazal et Chilliard (1986)</xref> ont notamment observé une augmentation notable de la LS après 32 semaines de lactation, quand le stade de gestation est supérieur à 24 semaines et que la production laitière est faible. L’importance relative de ces trois paramètres est difficile à déterminer, car ils sont souvent en interaction. D’après <xref ref-type="bibr" rid="ref20">Chazal et Chilliard (1986)</xref>, le stade de gestation est le principal responsable de l’augmentation de la LS en fin de lactation. L’augmentation de la libération d’hormones (œstrogènes, progestérone) après le 4<sup>ème</sup> mois et après le 6<sup>ème</sup> mois de gestation pourrait être responsable de cette variation de la LS (<xref ref-type="bibr" rid="ref50">Jurczak, 1995</xref>). Cela a été observé lors d’injection d’œstrogènes aux vaches laitières (<xref ref-type="bibr" rid="ref3">Bachman, 1982</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="ref18">Cartier et Chilliard, 1994</xref>). Le niveau de production laitière semble également influencer le niveau de LS au-delà de l’effet du stade physiologique, car avant même la 24<sup>ème</sup> semaine de gestation, <xref ref-type="bibr" rid="ref23">Chazal et Chilliard (1987c)</xref>, ont constaté une forte augmentation de la LS en lien avec la diminution de production laitière. Plus récemment, une augmentation de la LS chez des vaches laitières hautes productrices en début de lactation a été montrée par Vanbergue <italic>et al.</italic> (2017). Selon ces auteurs, le bilan énergétique négatif en lien avec la priorisation de la fonction de lactation par ces vaches laitières lors de l’allocation de l’énergie pourrait expliquer l’augmentation des niveaux de LS. Ces effets sont plus marqués chez les multipares, probablement en lien avec une production laitière plus importante. En milieu et en fin de lactation, Vanbergue <italic>et al.</italic> (2017) ont rapporté des niveaux de LS inférieurs chez les vaches laitières multipares comparés aux primipares, en accord avec <xref ref-type="bibr" rid="ref30">Connolly (1978)</xref> et <xref ref-type="bibr" rid="ref27">Chilliard et Lamberet (1984)</xref>.</p>
                </sec>
            </sec>
            <sec id="3.2.-Les-facteurs-de-variations-de-la-lipolyse-spontanée-liés-à-la-conduite-de-l’animal-et-à-son-environnement">
                <title>3.2. Les facteurs de variations de la lipolyse spontanée liés à la conduite de l’animal et à son environnement</title>
                <sec id="a.-Le-moment-de-la-traite-et-les-intervalles-entre-traites">
                    <title>a. Le moment de la traite et les intervalles entre traites</title>
                    <p/>
                    <p>Le moment de la traite a été identifié dans plusieurs publications comme facteur de variation des niveaux de LS. Murphy <italic>et al.</italic> (1979), <xref ref-type="bibr" rid="ref49">Jellema (1975)</xref>, <xref ref-type="bibr" rid="ref1">Ahrné et Björck (1985)</xref> et plus récemment Vanbergue <italic>et al.</italic> (2017), ont montré que la LS était plus importante dans le lait de la traite du soir que dans celui de la traite du matin. La différence observée entre le matin et le soir pourrait être due aux durées d’intervalles de traite et aux différences de quantité de lait produite entre le matin et le soir. En effet, avec des intervalles égaux entre les deux traites, Bachman <italic>et al. </italic>(1988) n’ont pas observé de différence de niveaux de LS entre les laits des traites du matin et du soir. </p>
                </sec>
                <sec id="b.-La-fréquence-de-traite">
                    <title>b. La fréquence de traite</title>
                    <p/>
                    <p>L’augmentation de la fréquence de traite est accompagnée d’une augmentation de la LS du lait. Comparé à un système de traite biquotidienne, classiquement rencontré en élevage bovin français, la monotraite entraîne une diminution drastique de la LS (268 %) (Pomiès <italic>et al.,</italic> 2007 ; Vanbergue <italic>et al.,</italic> 2016) alors que la traite trois à quatre fois par jour entraîne une augmentation de la LS, quel que soit le stade de lactation (+ 20 à + 23,5 % ; Wiking <italic>et al.,</italic> 2006). Les mécanismes responsables de ces variations seraient plutôt des mécanismes locaux, impliquant la glande mammaire, que des mécanismes systémiques, puisque ces variations sont observables lors d’application de fréquences de traite différentes entre les demi-mamelles (Wiking <italic>et al.,</italic> 2006). Il pourrait également y avoir un effet des quantités de lait produites plus faibles à chaque traite lors de traites multiples sur une même journée. Des variations d’activité lipasique et du nombre de transcrits pour le gène LPL, en lien avec des variations de fréquence de traite (Pomiès <italic>et al.,</italic> 2007 ; Boutinaud <italic>et al.,</italic> 2013), pourraient expliquer ces effets de la fréquence de traite.</p>
                </sec>
                <sec id="c.-L’alimentation">
                    <title>c. L’alimentation</title>
                    <p/>
                    <p>La nature du fourrage influence les variations de LS. En effet, lorsque les vaches laitières sont au pâturage, la LS est plus faible (<xref ref-type="bibr" rid="ref33">Deeth et Fitzgerald, 1976</xref> ; Chazal <italic>et al.</italic>, 1987 ; Vanbergue <italic>et al.,</italic> 2017). Un foin de bonne qualité, utilisé comme fourrage principal est également généralement associé à des niveaux de LS bas (<xref ref-type="bibr" rid="ref33">Deeth et Fitzgerald, 1976</xref> ; Chazal <italic>et al.,</italic> 1987). L’utilisation d’ensilage d’herbe comme fourrage principal augmenterait les niveaux de LS, comparativement à l’herbe fraîche (+ 130 %) et au foin (+ 93 %) (Chazal <italic>et al.,</italic> 1987 ; Ferlay <italic>et al.,</italic> 2006). Les effets de l'ensilage de maïs sont variables dans la littérature. Dans une étude de Ferlay <italic>et al.</italic> (2006), l’ensilage de maïs est associé à des niveaux de LS plus faibles que l’herbe conservée, alors que dans une étude de Vanbergue <italic>et al.</italic> (2018b), l’ensilage de maïs est associé à des niveaux de LS plus élevés. Ces différences pourraient être expliquées par les différentes races de vaches laitières impliquées dans ces deux études ou par le déficit en PDI de la ration chez Vanbergue <italic>et al.</italic> (2018b). Cette hypothèse est corroborée par les résultats de Hurtaud <italic>et al.</italic> (2018) qui ont montré que des rations avec des niveaux bas de matières azotées totales (9 <italic>vs</italic> 18 %) entraînaient une augmentation de la LS.</p>
                    <p/>
                    <p>L’effet d’une restriction alimentaire (– 10 à – 25 % des apports) sur les niveaux de LS a également été étudié dans la littérature. Vanbergue <italic>et al.</italic> (2017) ont montré qu’une restriction alimentaire (– 20 à – 25 % des quantités ingérées à volonté) entraînait une augmentation de la LS, quel que soit le stade de lactation. Un bilan énergétique négatif, entrainerait une augmentation des niveaux de LS. Une réduction de 38 % de l’accessibilité au pâturage n’a pas d’incidence sur la LS (Thomson <italic>et al.,</italic> 2005), alors qu’une restriction alimentaire (-10 à – 20 % des apports) dans le cadre d’une alimentation à base de fourrages conservés entraîne une dégradation de la LS des vaches laitières (<xref ref-type="bibr" rid="ref49">Jellema, 1975</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="ref26">Chilliard, 1982</xref>). L’effet de la restriction alimentaire aurait tendance à être plus marqué lorsque que les vaches laitières sont alimentées à base d'herbe conservée par rapport à l’ensilage de maïs (Vanbergue <italic>et al.,</italic> 2018b).  Les effets de la restriction alimentaire seraient plus marqués en fin de lactation (<xref ref-type="bibr" rid="ref33">Deeth et Fitzgerald, 1976</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="ref30">Connolly, 1978</xref> ; O'Brien <italic>et al.,</italic> 1996).</p>
                    <p/>
                    <p>Hurtaud <italic>et al.</italic> (2010), et Vanbergue <italic>et al.</italic> (2018a) ont montré qu’une supplémentation en huile de colza, en lin extrudé (3,1 % de la matière sèche ingérée) et en micro-algues (2,5 % de la matière sèche ingérée) entraînait une augmentation de la LS, alors que Vanbergue <italic>et al.</italic> (2018a) ont montré qu’une supplémentation en lin extrudé (2,5 % de la matière sèche ingérée) entraînait une diminution de la LS. Les suppléments lipidiques ont un effet variable sur la LS, qui semble dépendre de leur impact sur le fonctionnement ruminal. La forme et la dose du supplément lipidique semblent être déterminantes sur les variations du fonctionnement ruminal (Vanbergue <italic>et al.,</italic> 2017).</p>
                </sec>
                <sec id="d.-La-saison">
                    <title>d. La saison</title>
                    <p/>
                    <p>Même si des variations saisonnières sont observées dans les élevages Français, avec un pic de LS observé l’été (Vanbergue <italic>et al.,</italic> 2017), aucune étude n’a porté sur l’évaluation de l’effet de la saison (température, photopériode).</p>
                </sec>
            </sec>
        </sec>
        <sec id="4.-La-lipolyse-induite">
            <title>4. La lipolyse induite</title>
            <p/>
            <p>La Lipolyse Induite (LI) est due à des altérations mécaniques ou thermiques du lait, pendant la traite, le stockage et la transformation. Chaque facteur pris séparément n’a pas forcément un impact important, mais le cumul de ces différents facteurs entraîne souvent une augmentation notable de la lipolyse.</p>
            <p/>
            <p>Les travaux de <xref ref-type="bibr" rid="ref16">Cartier et Chilliard (1989)</xref> attestent que les laits les plus sensibles, avec des niveaux de LS déjà élevés, seraient les plus impactés par la LI. Cette relation est dépendante de la saison (<xref ref-type="bibr" rid="ref22">Chazal et Chilliard, 1987b</xref>), probablement en raison d’une interaction avec la température ambiante lors de l’induction mécanique de la lipolyse.</p>
            <sec id="4.1.-Effets-mécaniques">
                <title>4.1. Effets mécaniques</title>
                <p/>
                <p>Les altérations mécaniques en ferme peuvent être consécutives à des brassages, aérations ou moussages du lait. Lors des brassages, les membranes des GG sont fragilisées, voire éclatent, facilitant l’action des lipases présentes dans le lait. Ces brassages favorisent également la migration des lipases, des micelles de caséine, <italic>via</italic> le sérum, vers les globules gras (<xref ref-type="bibr" rid="ref14">Cartier, 1987</xref>). Lors des aérations et moussage du lait, les GG sont étalés sur les bulles d’air, ce qui engendre une déformation et une fragilisation de leurs membranes, facilitant l’action des lipases.</p>
                <p/>
                <p>Tout ce qui peut conduire à un écoulement autre que stable et laminaire dans le lactoduc de traite pourra avoir un effet sur les résultats : coudes trop serrés, contrepentes ou remontées, réduction du diamètre ou longueur excessive. Chaque élément présent sur le circuit du lait aura tendance à augmenter le niveau de lipolyse induite, avec un effet cumulatif.</p>
                <p/>
                <p>Diverses études (<xref ref-type="bibr" rid="ref38">Fleming, 1980</xref>) conduisent systématiquement à des résultats de lipolyse se dégradant progressivement, en passant de la traite manuelle, à la traite au pot (0,55 mEq/100 g de MG), en lactoduc en ligne basse (0,65 mEq/100 g de MG) et avec enfin des résultats les plus élevés en ligne haute (0,85 mEq/100 g de MG).</p>
                <p/>
                <p>Il y a peu de différences entre chacun des éléments constitutifs d’une installation de traite, ou entre mêmes éléments de marques différentes, fonctionnant correctement. L’effet moyen des faisceaux trayeurs est par exemple de + 0,11 à 0,18 mEq/100 g de MG (<xref ref-type="bibr" rid="ref43">Heuchel, 1994</xref>). Par contre, en cas de consommations exagérées d’air des faisceaux trayeurs, les résultats peuvent facilement doubler. De même, le positionnement ou la configuration de cette entrée d’air, nécessaires pour une co-circulation efficace air-lait, peuvent modifier l’impact lipolyse d’un faisceau trayeur.</p>
                <p/>
                <p>Le barattage du lait peut également se produire en cas de désamorçage de la pompe à lait, si la chambre de réception est complétement vidangée (<xref ref-type="bibr" rid="ref43">Heuchel, 1994</xref>). Cela favorise la cavitation, et donc l’incorporation d’air au lait (+ 30 % de LI). Chaque chambre de réception a donc un volume utile, différence entre un volume maximal et minimal de déclenchement de son fonctionnement.</p>
                <p/>
                <p>Avec les robots de traite, on a toujours constaté des résultats (LS + LI) en moyenne plus élevés qu’en traite conventionnelle (+ 39 %), ceci étant lié à des consommations d’air proportionnellement plus importantes et à un circuit de lait plus complexe. Les matériels évoluent (moins de consommations d’air, circuit de lait optimisé), notamment pour corriger ce défaut de qualité du lait. Néanmoins, une étude menée sur 43 élevages robotisés bretons par Fleuret <italic>et al.</italic> (2014) montrait toujours une dégradation des résultats lipolyse pour 64 % d’entre eux après arrivée du robot, avec une augmentation moyenne, de + 0,25 mEq/100 g de MG et 44 % des élevages étaient pénalisés (contre 11 % auparavant).</p>
                <p/>
                <p>L’agitation du lait dans le tank peut également théoriquement influencer la LI, notamment lors de la première traite après vidange. Elle peut générer de la turbulence et du moussage du lait, facilitant l’action des lipases. Malgré tout, les impacts semblent limités et non significatifs (<xref ref-type="bibr" rid="ref44">Heuchel, 1996</xref>).</p>
            </sec>
            <sec id="4.2.-Inductions-thermiques">
                <title>4.2. Inductions thermiques</title>
                <p/>
                <p>La lipolyse augmente en cas de refroidissement lent (<xref ref-type="bibr" rid="ref78">Willart et Sjöström, 1966</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="ref38">Fleming, 1980</xref>). Elle augmente également avec l’allongement de la durée de stockage (<xref ref-type="bibr" rid="ref14">Cartier, 1987</xref>). L’impact de succession de séquences de refroidissement-réchauffement est plus important (<xref ref-type="bibr" rid="ref14">Cartier, 1987</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="ref38">Fleming, 1980</xref>). Ces effets sont surtout valables pour des laits déjà sensibles.</p>
                <p/>
                <p>La première traite après vidange du tank est en général plus pénalisée que les autres (<xref ref-type="bibr" rid="ref44">Heuchel, 1996</xref>), avec plus de variations de température, un effet assez limité de la possible congélation du lait, qu’il convient néanmoins d’éviter. Les traites suivantes auront un effet s’il y a des fortes fluctuations de température (<xref ref-type="bibr" rid="ref44">Heuchel, 1996</xref>), a minima de 15°C et maximale au-delà de 25°C. La mise en place d’un pré-refroidisseur permet en général de limiter les risques, notamment sur des exploitations à facteurs de risque élevés (<xref ref-type="bibr" rid="ref42">Heuchel, 1990</xref>).</p>
                <p/>
                <p/>
                <p>
                    <fig>
                        <label>Table</label>
                        <caption>
                            <title>Figure 3. Facteurs induisant une augmentation de la lipolyse spontanée et induite. </title>
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                </p>
                <fig>
                    <label>Table</label>
                    <caption>
                        <title>Figure 3. Facteurs induisant une augmentation de la lipolyse spontanée et induite. </title>
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                </fig>
                <p/>
            </sec>
        </sec>
        <sec id="Conclusion">
            <title>Conclusion</title>
            <p/>
            <p>En France, la lipolyse est étudiée avec attention car elle influence les qualités organoleptiques et technologiques du lait et des produits laitiers. Dans certaines régions, la lipolyse fait partie des critères de paiement du lait. La limite à ne pas dépasser est fixée à 0,89 mEq/100 g MG. Hors problèmes sanitaires, dans les premières 48 h qui suivent la traite, la lipolyse mesurée dans le tank est le reflet de la combinaison entre la lipolyse spontanée et induite. La figure 3 résume les facteurs induisant une augmentation de la lipolyse spontanée et induite.</p>
            <p/>
            <p>La susceptibilité des vaches laitières du troupeau à la lipolyse conditionne les fluctuations de la lipolyse dans le tank. Les vaches dites « non susceptibles » présentent un taux de lipolyse individuel faible et stable pendant leur carrière alors que les vaches dites « susceptibles » présentent un taux de lipolyse fluctuant de faible à très élevé, en fonction des facteurs d’élevage, de l’installation de traite et du stockage du lait. La LS dépend de facteurs intrinsèques à l’animal, tels que la race, le stade physiologique (lactation/gestation), la parité, et de facteurs de conduite et d’environnement, tels que l’alimentation, la fréquence de traite, l’intervalle entre traite et la saison. Les vaches de race Holstein semblent plus susceptibles à la lipolyse, comparées à la Normande ou à la Tarentaise. Même si la hiérarchisation des facteurs de risques reste complexe, les modalités en lien avec une forte augmentation de la lipolyse parmi les vaches susceptibles sont : le stade de gestation (à partir de 6/7 mois), l’augmentation de la fréquence de traite (x3/j), la traite du soir (dans le cas d’un intervalle de traite 10 h/14 h), le niveau de production laitière par traite. Une attention particulière doit être apportée à la satisfaction des besoins alimentaires (énergie, azote) surtout chez les fortes productrices en début de lactation. Le pâturage semble être associé à des niveaux de lipolyse plus faibles. </p>
            <p/>
            <p>Dans le cadre d’un fonctionnement normal des installations de traite, quelle que soit la marque, il y a peu d’effet de chacun des éléments constitutifs d’une installation de traite (faisceaux trayeurs, lactoduc, pompe à lait, chambre de réception, tank), mais le cumul des effets faibles de ces différents facteurs peut entraîner une augmentation notable de la lipolyse. La présence de dysfonctionnements dans le circuit du lait multiplie l’impact des éléments concernés. Sur les robots de traite, la lipolyse est en moyenne plus élevée qu’en traite conventionnelle. Cependant, les matériels évoluent pour corriger ce défaut de qualité du lait (moins de consommation d’air, circuits de lait optimisés). </p>
            <p/>
            <p>Selon les systèmes d’élevage, plusieurs leviers sont donc disponibles pour minimiser la lipolyse : sélection de vaches « non susceptibles », ration équilibrée, tarissement à 6/7 mois de gestation, entretien des installations de traite.  </p>
            <p/>
            <p>D’un point de vue mécanistique, plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer la sensibilité d’un lait à la lipolyse. Les trois facteurs biochimiques déterminants de la sensibilité d’un lait à la lipolyse seraient : l’activité lipasique à la surface des GG, l’intégrité et les caractéristiques de la membrane des GG (fragilité des membranes), l’équilibre entre facteurs activateurs et facteurs inhibiteurs. Leurs influences respectives demandent encore à être précisées.</p>
        </sec>
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